J'aime inventer des histoires. Quelles soient tristes ou drôles, longues ou annecdotiques, c'est toujours un plaisir. Inventer des univers, c'est sans doute ce qu'il y a de plus passionnant. Ce n'est pas tout de créer des mondes, il faut encore les remplir...
Tous les univers sont variés, et pas seulement entre eux. Chacun possède en son sein des aspects différents, qui crééent un équilibre entre le bien et le mal, et qui le rendent crédible. Certains préfèrent imaginer des mondes "parfaits", sans tracas, sans souffrance... Ces mondes sont tristes, car leurs personnages ne peuvent pas être heureux. Même si ils semblent joyeux, ils n'ont pas connu la moindre douleur pour s'en rendre compte. Ils ont toujours vécu comme ça. Ca leur est égal. De plus, ils n'ont rien à espérer: ils ont déjà tout. Ils n'ont aucun but, tout à perdre, et rien à gagner.
A l'inverse, prennez un monde où le mal est en confrontation avec le bien. Les gens auront à faire des choix pour parvenir à leurs objectifs. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise façon de réussir, il n'y a que des conséquences à assumer. Les personnages peuvent y souffrir, mais ils peuvent aussi y vivre heureux. C'est le contraste du bien et du mal qui permet de rendre quelqu'un conscient de son existance.
Ces univers là, équilibrés, sont crédibles. Même si ils sont peuplés de dragons et de gobelins, ils restent tout à fait logiques. Si le monde d'aujourd'hui changait en contenu, il pourrait y ressembler. Quoi qu'on en dise, ces univers imaginaires sont réalistes. Cela aurait pu se passer comme ça.
On me reprochera d'affirmer que ce monde est équilibré en bien et en mal. C'est pourtant vrai. Simplement, la plupart des gens trouvent le mal bien plus facile, et le préfèrent au bien. Toutefois, il est toujours possible de faire des choix. On peut faire le bien, mais tout le monde ne l'a pas envisagé.
C'est très simple: tout le monde est d'acord sur le principe que faire le bien, c'est "bien". Mais quand on est entouré de mal, il vaut mieux aller dans le même sens. C'est mieux pour soi-même. Effectivement, tout le monde sait aussi que le bien est toujours la victime du mal.
Comme pour le réchauffement de la planête, on se dit tous que ça coute cher d'être écolo, et que ça n'apporte rien si on est seul à le faire. Alors comme personne ne se lance, comme personne n'accepte de se mouiller, on ne fait rien. On laisse faire. "On sera mort avant, quand ça arrivera ce sera à mes enfants de s'en occuper". D'un certain côté, c'est notre nature. Nous sommes humains, ou plutôt, nous sommes de mauvais humains. On ne s'occupe que de soi, pas du monde, pas du bien des autres.
C'est une branche du mal: on ne le cause pas directement, mais on le laisse faire. C'est comme pour les colaborateurs: on ne fait rien, mais on laisse faire. C'est tellement mieux pour nos gueules...
On pourrait se bouger. On a la possibilité de se sentir bien, alors pourquoi se sentir mal et ne rien faire? Cet univers est équilibré, on peut faire nos choix. Si on se débrouille pour que tout le monde se mette à faire le bon, alors on peut espérer vivre un jour dans un conte...
La bataille du bien contre le mal continue, le mal est encore loin de la réussite, mais si on le laisse faire, on aura plus le moindre choix.
On peut encore s'en sortir, mais il faut que chacun y mette du sien. Chacun doit pouvoir être libre de faire ce qu'il souhaite, sans recevoir de contrainte exterieur. On ne sortira jamais de la bataille des bons contre les méchants, mais c'est un conflit nécessaire. Simplement, le mal prend trop d'ampleur, et doit laisser place au bien. Ce n'est pas une mauvaise chose.
Comme le disait une petite BD philosophique, "Dieu a créé le yaourt au pruneau pour qu'on puisse mieux apprécier celui à la fraise"... Ca parait stupide, mais c'est sans doute vrai...